Qui est ce Jésus de Nazareth ?

Publié le par Père Louis de Villoutreys

4ème dimanche du Temps ordinaire - Année B (Mc)
Dimanche 29 janvier 2006

  Textes : Dt 18, 15-20 ; Ps 94 ; 1Co 7, 32-35 ; Mc 1, 21-28

Cette année, la liturgie nous propose d’entendre et de méditer l’évangile selon saint Marc. Qui est ce Jésus de Nazareth ? Telle est la question que Marc tente de répondre dans son texte. En ce 4ème dimanche du Temps ordinaire, nous sommes toujours au chapitre 1 (sur 16).

Il s’agit donc de la « Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu » (Mc 1, 1). Ce Jésus, venu de Nazareth, ville de Galilée, « se fit baptiser par Jean dans le Jourdain » (Mc 1, 9). « Sortant de l’eau, il voit le ciel se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe » (Mc 1, 10). Du ciel, une voix se fit entendre, celle du Père : « C’est toi mon fils bien aimé, en toi j’ai mis ton mon amour » (Mc 1, 11). « Aussitôt, l’Esprit pousse Jésus au désert » où Satan, l’Adversaire, le tente pendant 40 jours.

Ensuite, Jésus « part pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu » (Mc 1, 14), c’est-à-dire : l’arrivé prochaine du règne de Dieu et l’appel à la conversion et à la foi en la Bonne Nouvelle.

Au bord du lac de Galilée, Jésus appelle quatre disciples : Simon et André, Jacques et Jean. « Venez derrière-moi », ils le suivirent. C’était le récit de dimanche dernier.

Ainsi, Jésus peut-il commencer son ministère public, et il le commence dans la synagogue de Capharnaüm.

Il est intéressant de noter que Jésus commence son ministère à l’âge de 30 ans. Il est sorti de la maison de ses parents où il a travaillé comme charpentier. Après ce long temps de travail et de silence, Jésus, le Verbe de Dieu, fait une retraite de 40 jours au désert. Comblé de l’amour du père et poussé par l’Esprit, accompagné de ces premiers disciples, le voilà parti sur les routes de Palestine pour proclamer le Bonne Nouvelle su salut.

 

« Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm ».

Capharnaüm est une ville de Galilée au bord du lac. Aujourd’hui, on y retrouve la maison de Simon-Pierre dans laquelle Jésus a guéri la belle-mère de Pierre, ainsi qu’une synagogue du 4ème siècle, probablement à l’emplacement de l’ancienne synagogue.

 

« Aussitôt, le jour du Sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait ».

En bon Juif, Jésus va tous les samedis dans la synagogue, lieu où se rassemble traditionnellement la communauté locale juive pour la prière et l’écoute de la Parole de Dieu. La communauté ne se contente pas d’écouter cette Parole, elle la commente. Aussi, après la lecture d’un passage de la Loi de Moïse et des prophètes, on invite Jésus, parmi les hommes adultes, à commenter ce passage.

Quel est ici le passage biblique que Jésus commente ? Qu’enseigne-t-il à la communauté rassemblée ? Marc ne dit rien. La seule chose qu’il souligne, c’est qu’ « on était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes ».

Contrairement aux scribes, ces gens savants et formés à l’étude des Écritures, dont l’enseignement consistait à répéter ceux de leurs maîtres, Jésus enseigne avec autorité. C’est-à-dire qu’il est lui-même l’auteur de son propre enseignement, il est le Maître. Jésus, confessé, au début de l’évangile selon Marc, comme Christ et Fils de Dieu, reconnu comme le Fils bien aimé du Père qui lui a remis tout son amour, poussé par l’Esprit, ce Jésus pourtant venu de Nazareth, enseigne avec autorité, une autorité qui vient de Dieu lui-même.

Notons qu’il enseigne le jour du sabbat, jour dont il se considérera plus tard dans l’évangile comme le Maître. Auteur du septième jour, Jésus se révèle comme le Créateur : « par lui tout a été fait » affirme-t-on dans le Credo.

 

Mais il y a plus : non seulement, Jésus donne « un enseignement nouveau, proclamé avec autorité », mais aussi « il commande aux esprits mauvais, et ils lui obéissent ».

La Parole de Jésus ne laisse pas les auditeurs indifférents. C’est une Parole efficace, c’est-à-dire qui agit, une Parole qui touche les cœurs et qui chassent les esprits mauvais, c’est-à-dire, une Parole qui sauve et qui libère.

L’enseignement de Jésus se donne ici à voir : Jésus proclame la Bonne Nouvelle du salut en libérant une personne possédée des esprits mauvais.

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