- Liste de mes homélies
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Recensement d'homélies (2008-2009)


"Dites entre vous des psaumes, des hymnes, et de libres louanges, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur. A tout moment et pour toutes choses, rendez grâce à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ."
Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 00:09
16ème dimanche du Temps ordinaire - Année B (Mc)
Dimanche 23 juin 2006
Paroisse Saint-Christophe de Pointe-Noire (République du Congo)

 

La fin du passage d’évangile que nous venons d’entendre se termine ainsi : « Alors, il se mit à les instruire longuement ». Je profite d’être ici en Afrique, à Pointe-Noire, pour, comme le Christ lui-même, prendre le temps de prêcher. En France, c’est plus difficile, les gens regardent leur montre et n’aiment pas les homélies trop longue. Ici, je sais que vous savez prendre le temps, alors je me permets de ma lâcher et de prêcher longuement.

 

Dimanche dernier, Jésus appelle les Douze et les envoie en mission deux par deux. Les voilà de retour. « Ils se réunissent autour de Jésus et lui apportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné ». Jésus leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » Notons que le désert est un lieu d’errance et d’égarement, un lieu de tentation, d’où la nécessité d’avoir un guide, quelqu’un d’expérimenté.

Après le temps de la mission, c’est le temps du repos. Temps de relecture, de partage de vie, d’action de grâce… Temps privilégié avec le Seigneur. Ils s’écartent de la foule, c’est-à-dire de ce monde d’agitation, de bruit pour vivre une intimité profonde avec le Christ.

Nous aussi, en ce premier jour de la semaine (jour de repos), nous nous rassemblons ici dans cette église pour la célébration de l’Eucharistie. Nous, disciples du Christ, nous répondons à son invitation : « Venez à l’écart ». Le Christ est là au milieu de nous, qui sommes réunis en son nom. Il est là. Nous sommes, comme les apôtres, auprès de lui. Savourons ce moment présent.

Cette intimité privilégiée avec le Christ ne coupe pas les disciples du monde. En fait, les disciples n’arrivent pas à être vraiment à l’écart. Les gens courent et même ils les devancent. Les disciples ne peuvent ignorer la foule. Les gens les reconnaissent, ils les reconnaissent comme les envoyés du Christ.

Et nous, qui sommes rassemblés auprès du Christ, de sa Parole et de sa Parole vivante en son eucharistie, entendons-nous cette foule de gens qui courent ? Où courent-ils ? Vers les sectes ou bien vers les témoins véritables du Christ ? Les voyons-nous courir à la recherche d’eux-mêmes, du sens de leur vie, de Dieu… mais de quel Dieu ? Nous ne pouvons pas être sourds.

« Beaucoup les reconnurent ». Et nous, sommes-nous reconnus comme les disciples du Christ envoyés par lui auprès d’eux ? Nous qui sommes le Peuple de Dieu, l’Église du Christ en marche, agissons-nous de telle manière, vivons-nous de telle manière qu’ils nous reconnaissent comme les témoins vivants du Christ ressuscité ? Vivons-nous en enfants de Dieu, en frères et sœurs en Christ, selon l’Esprit Saint ? « Voyez comme ils s’aiment ». C’est à la mesure de notre fraternité d’amour que le monde peut connaître le véritable Dieu. « Ma vocation, c’est l’amour » écrit sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, c’est l’amour vécu en Église.

Si l’Église célèbre l’Eucharistie, c’est bien sûr pour la gloire de Dieu et le salut du monde, ce monde que nous portons dans notre prière universelle. Invités au repas du Seigneur, nous venons à l’écart auprès de l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Dans cette eucharistie, portons en nos prières tous ces visages que nous rencontrons durant la semaine, ces visages parfois fatigués, peinés et en quête d’espérance et de bonheur.

Cette foule de gens nous devance, car le Christ qui porte en lui la multitude nous devance.

 

« En débarquant, Jésus vit une grande foule ». « Il fut saisi de pitié envers eux parce qu’ils étaient comme des brebis sans bergers ». Jésus regarde, il prend le temps de regarder cette foule de visages. Ils sont sans berger, ils sont désorientés.

En France, on parle beaucoup de précarité. « Non, non, non à la précarité » scandent les lycéens et les étudiants à l’occasion des dernières grandes manifestations. Ils dénoncent la précarité professionnelle, économique et sociale. Mais restent deux autres non, deux autres précarités. Deux précarités difficiles à percevoir, et pourtant liées entre elles : la précarité affective et la précarité spirituelle.

La précarité affective : qu’il est dur de vivre quand on ne peut pas compter sur une famille solide. Tant de familles sont blessées par le divorce, par l’individualisme.

La précarité spirituelle : une précarité très diffuse (même parmi les chrétiens) ! Des incertitudes et des doutes quant à la foi.

Comment avancer dans la vie quand on n’a pas de repère, quand on manque d’espérance ? Combien de suicides en France, en particulier chez les jeunes ?

« Comme des brebis sans bergers ». Cette croissance spirituelle dépend en grande partie des prêtres. Nous, prêtres, sommes appelés à exercer une authentique paternité spirituelle.

 

« Ils se mit à les instruire longuement ».

Avant même le récit de la première multiplication des pains, Jésus prend le temps de les nourrir de sa Parole. C’est ce que nous vivons à chaque messe. Cette foule désorientée, sans berger, entend-elle la Parole de Dieu, Parole de salut, la Bonne Nouvelle ? Nous, Église du Christ, faisons-nous entendre à tous nos frères les hommes cette Parole de Dieu qui nous nourrit ?

 

Je termine cette homélie par vous parler du ministère des prêtres que vos que commence tout juste à exercer. On distingue traditionnellement trois axes dans le ministère pastoral : l’enseignement, le gouvernement et la sanctification.

Un ministère d’enseignement à la suite des Apôtres et à l’école du Christ « venu annoncer la Bonne Nouvelle de la paix » (Ep 2, 17 – 2ème lecture).

Un ministère de gouvernement : « Je leur donnerai des pasteurs qui les conduiront » (Jr 23, 4 – 1ère lecture), ces brebis « égarés et dispersés » par les mauvais bergers et rassemblés par le Seigneur.

Un ministère de sanctification : il ne s’agit pas de séparer avec le mur de la haine mais de réconcilier les personnes avec Dieu par la Croix. La sainteté ne consiste pas en une séparation mais au contraire en une union encore plus parfaite avec Dieu par le Christ. « Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons accès auprès du Père dans un seul Esprit ». (Ep 2, 18).

Benoît XVI nous dit : « Les fidèles n’attendent qu’une seule chose de la part des prêtres : qu’ils soient des spécialistes de la rencontre entre Dieu et les hommes. On ne demande pas à un prêtre d’être expert en économie, en ingénierie ou en politique. On attend qu’ils soient un spécialiste de la vie spirituelle ».

Pour finir, je vous exprime mes vœux :

Que les prêtres soient vos frère dans le service commun de l’Évangile du Christ.

Que les prêtres soient vos chefs, c’est-à-dire vos guides qui vous conduisent par le juste Chemin vers le Père.

Que les prêtres soient vos pères, c’est-à-dire qu’ils vous nourrissent et vous fassent grandir selon l’Esprit de Dieu.

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen !


Par Père Louis de Villoutreys - Publié dans : Année B - Temps ordinaire - Communauté : Puiser à la Source
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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 16:06
13ème dimanche du Temps ordinaire - Année B (Mc)
Dimanche 28 juin 2009


    Demain, en la solennité de Saints Pierre et Paul, nous terminons l’année Saint Paul. Nous avons commencé, en la solennité du Sacré Cœur, l’année sacerdotale sous le patronage de saint Jean-Marie Vianney, le saint curé d’Ars. Pourquoi Benoît XVI prend-il l’initiative de lancer l’année des prêtres ? Il s’agit de « 
contribuer à promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d’aujourd’hui ».  (Lettre de Benoît XVI aux prêtres). Les prêtres sont un don de Dieu pour le monde d’aujourd’hui !

 

   Pour comprendre le ministère presbytéral, je vous propose trois figures : saint Paul, le curé d’Ars et aussi Saint Jean-Baptiste dont nous avons fêté la nativité mercredi dernier.

 

   Une petite remarque au préalable. Evitons de parler du prêtre comme une personne seule, isolée. Il me semble plus juste de parler des prêtres et non du prêtre. En effet, un prêtre appartient à un ensemble de prêtres qu’on appelle presbyterium. Les prêtres existent parce qu’ils ont été ordonnés par l’évêque : l'évêque, puis tous les prêtres, imposent leurs mains sur le nouveau prêtre. L’évêque, qui lui-même appartient au collège épiscopal (successeurs des apôtres) ordonnent des collaborateurs pour qu’il puisse exercer son ministère dans cette portion de l’Eglise, peuple de Dieu, qu’on appele le diocèse. Les prêtres qui vous sont envoyés, par l’évêque de Poitiers, ici dans le Bocage exercent leur responsabilité en coopérant avec les diacres et les laïcs (au sein des Equipes pastorales).

 

 

   Trois figures, disais-je, pour essayer de comprendre la mission des prêtres : Paul l’itinérant, le curé d’Ars l’accueillant, et Jean-Baptiste le témoin.

 

   Saint Paul, appelé l’Apôtre des païens, est un missionnaire. Itinérant, il fonde des communautés chrétiennes dans le bassin méditéranéen, il écrit à chacune d’elle pour les encourager être fidèles à la foi au Christ non sans réprimandes parfois.
    Nous, prêtres, nous sommes appelés par le Christ à passer sur l’autre rive (rappelez vous dimanche dernier l’évangile de la tempête apaisée). Cette autre rive, c’est la terre païenne, autrement dit toutes ces personnes qui ne connaissent pas le Christ. Ce passage n’est pas sans difficulté (il y a des vents violents).
    Nous, prêtres, sommes envoyés à servir le Peuple de Dieu, à aller de communauté en communauté pour les encourager à être elles-mêmes missionnaires, pour leur apporter le Christ dans les sacrements. Telle est ma mission auprès des communautés locales du Dolo, aupès des jeunes du Bressuirais.

 

   Quant au saint curé d’Ars, c’est une autre figure. Il n’est pas itinérant mais plutôt résidant. Son évêque l’envoie dans une paroisse de 230 âmes seulement. Mais très vite des foules nombreuses viennent à lui. Pourquoi un tel succès ? Eh bien, les gens aiment venir se confesser à lui. « Le Curé d’Ars avait une manière différente de se comporter avec les divers pénitents. Celui qui s’approchait de son confessionnal attiré par un besoin intime et humble du pardon de Dieu, trouvait en lui l’encouragement à se plonger dans « le torrent de la divine miséricorde » qui emporte tout dans son élan. » (Lettre de Benoît XVI aux prêtres ). Ce prêtre savait écouter et parler à chacun.
    L’évangile d’aujourd’hui nous présente un Jésus écrasé par la foule. Dans cette foule, le Christ n’oublie pas les personnes elles-mêmes. Il écoute un chef de Synagogue, Jaïr, qui le suplie d’imposer ses mains sur sa fille « pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ». « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » lui dit-elle plus tard. Le Christ n’est pas indifférent à cette femme, « qui avait des pertes de sang depuis 12 ans », qui parviens à le toucher pour être sauvée. Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Vas en paix et sois guérie de ton mal ». Le Christ parle aux foules, il parle aussi à chacun.
    Nous, prêtres, sommes ammenés à rencontrer des personnes différentes, qui viennent à nous, avec chacune une demande, un désir, une histoire…  Notre mission est de les accueillir telles qu’elles sont, à les écouter et à les aider à se relever, à vivre.  Les entretiens, les vistes surprises, le sacrement du pardon, le sacrement des malades… sont des lieux privilégiés pour relier les personnes au Christ mort et ressuscité.
    Si le curé d’Ars avait un tel succès, ce n’est pas en raison de ses forces, mais parce qu’il entretenait une relation profonde avec le Christ, en particulier dans l’adoration eucharistique. Plus nous mettons l’Eucharistie au centre de notre ministère, plus celui-ci est fécond.

 

   Enfin, saint Jean-Baptiste. Nous venons de passer à l’été, saison pendant laquelle la durée des jours baissent jusqu’au solstice d’hiver. Le 24 juin, nous avons fêté la Nativité de Jean-Baptiste, dans six mois nous fêterons celle du Fils de Dieu. Jean-Baptiste est plus que le cousin de Jésus, il en est son précurseur. Il est témoin de sa venue parmi nous. Ce prophète a pour mission d’indiquer le Christ. Il accomplit cette mission en s’effaçant : « Il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue » (Jn 3, 30), telle la durée des jours qui diminue de juin à décembre avant qu’elle ne croisse après Noël.
    Nous, prêtres, sommes appelés à mettre en avant le Christ par notre témoignage de vie, par nos prédications, par la présidence des célébrations, par le ministère des sacrements. Nous ne travaillons pas à notre propre compte, nous sommes serviteurs de la Parole du Christ.

 

   Itinérants, accueillants et témoins du Christ, à la suite de Paul, de Jean-Marie Vianney et de Jean-Baptiste,  prêtres, nous avons besoin de votre soutien et de votre prière, vous fidèles laïcs, pour qu’ensemble, nous soyons vraiment l’Eglise du Christ : une Eglise qui annonce à tous la Parole de Dieu, une Eglise qui célèbre le Christ, une Eglise qui apporte aux hommes la charité du Christ.

 

   Frères et sœurs, en France et dans le monde, des prêtres sont ordonnés ces jours-ci. Sachons les accueillir comme un don de Dieu, prions pour eux et prions pour que des hommes, mêmes dans vos familles et communautés, répondent à la vocation de prêtre. N’ayez pas peur d’en parler aux jeunes. Être prêtre et heureux, c’est possible. Quoi de plus beau

 

Par Père Louis de Villoutreys - Publié dans : Année B - Temps ordinaire - Communauté : Communauté spirituelle
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Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /Mai /2009 16:02
6ème Dimanche de Pâques - Année B (Mc)
Confirmation à Bressuire de neuf jeunes
Dimanche 17 mai 2009


 

Avec l'autorisation de son auteur, je publie ici-même l'homélie prononcée lors de la messe de confirmation de neuf jeunes que j'ai eu la joie d'accompagner cette année.

Père Louis


   Je ne vous appelle plus serviteurs… maintenant, je vous appelle mes amis… vient de nous dire Jésus. Un serviteur ignore ce que veut faire son maître précise-t-il, il est fait pour obéir aux ordres sans chercher à comprendre. Un ami, c’est autre chose ! On n’est plus dans le même rapport. L’ami est  mis dans la confidence, il peut même partager des secrets.  Tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître dit Jésus à ses disciples, devenus ses amis. Jésus est venu au milieu des hommes pour en faire ses amis et leur révéler qui est vraiment Dieu : un Père qui veut partager à tous un même amour, l’amour même qui se vit en lui !

 

   La grande révélation que Jésus est venu nous faire, c’est que Dieu est relation. Il est Trinité. Entre les trois personnes, aussitôt l’amour est-il reçu qu’il est donné à nouveau. Entre elles, tout est de l’ordre du « donner » et du « recevoir », tout est de l’ordre de la communion. L’amour circule en permanence et c’est l’Esprit Saint qui le fait circuler. Et cet amour est si puissant que Dieu veut le partager au-delà de lui-même, il veut que toute l’humanité y participe et cela dès maintenant ! Jésus est venu pour nous partager cet amour débordant de Dieu et, depuis Pâques et Pentecôte, c’est l’Esprit Saint qui nous y fait participer. Tout comme en Dieu, notre vie de chrétiens est avant tout relationnelle entre nous et avec Dieu, entre nous et avec les autres. Pour nous les chrétiens, cela n’est pas facultatif, c’est notre vocation même, notre identité même, celle qui découle de la vie trinitaire de Dieu dans laquelle, nous avons été baptisé. C’est « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » que nous avons été baptisé.

 

   En faisant de nous ses amis, Jésus nous appelle à demeurer dans son amour, à vivre avec lui une relation personnelle. Par le baptême, il nous fait entrer dans la relation qu’il entretient lui-même avec les autres personnes de la Trinité, avec Dieu son Père. N’est-ce pas lui qui nous a donné les mots pour prier son Père et notre Père ? Un chrétien ne peut pas vivre sans relation avec Celui qui lui donne la vie et le fait participer à son amour. Un chrétien qui ne prierait pas, qui ne lirait jamais la Parole de Dieu, qui ne vivrait pas des sacrements, qui vivrait coupé des autres, serait-il encore chrétien ? C’est une question que l’on peut se poser. Dans les lettres que vous m’avez adressées pour demander le sacrement de la confirmation, vous mettez l’accent d’abord sur cette relation avec le Christ que vous vivez. L’un d’entre-vous écrit : «La confirmation est une façon de dire à Dieu que l’on est toujours avec lui, que l’on croit toujours en lui et pour moi, par ce sacrement, il me dit que je ne me suis pas perdu en chemin, il me rassure… D’un côté Dieu me rassure en nous prouvant son amour et aussi en nous soutenant dans notre vie, en nous indiquant le chemin et nous, de notre côté, nous le rassurons en réitérant notre baptême… en disant : ‘Je continue de marcher’».Voilà, je trouve, une très belle expression qui nous dit bien que nous sommes engagés avec Dieu dans une histoire d’Alliance, où on se donne et où on se reçoit mutuellement.

 

  Quelqu’un d’autre écrit à propos de cette relation : « Durant ces deux ans de préparation, nous avons discuté de multiples sujets. Le sujet à propos de ma relation avec Dieu m’avait intéressé car chacun pensait différemment et chacun se retrouve à sa manière. » Notre relation à Dieu est personnelle. Chacun en fait une expérience propre à son histoire. Dieu s’adresse à chacun de manière différente, il tient compte de nos diverses sensibilités. Il aime chaque personne pour ce qu’elle est. Il entre en alliance avec elle en respectant ce qu’elle est. Tout comme dans la vie trinitaire, c’est l’Esprit Saint qui fait le lien et nous entraîne à vivre en relation avec Dieu et avec les autres. « Recevoir l’Esprit Saint entraîne quelques changements dans la vie : nous avons travaillé au cours de la préparation à nous tourner vers Dieu, vers notre communauté chrétienne ainsi que vers les autres plutôt que de se fier simplement à nous. La confirmation va me pousser à aller témoigner de la vie du Christ. Et ceci ne peut être fait qu’avec l’accompagnement de l’Esprit Saint.» A chacune, à chacun, de se rendre disponible à l’Esprit Saint qui veut nous entraîner dans cette vie relationnelle, cette vie d’alliance entre nous et avec Dieu.

 

   Je vous appelle mes amis. Les amis de Jésus sont des amis entre eux, si je puis dire. Ils sont appelés à partager cette amitié entre eux. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés poursuit Jésus dans le Bel Evangile que nous venon d'entendre. Les chrétiens ne peuvent pas vivre juxtaposés, les uns à côté des autres. Ils sont appelés à faire corps, à faire communauté et à s’aimer comme Jésus lui-même nous aime. Il nous faut vivre entre-nous à la manière du Dieu-Trinité. « Je vis cela au quotidien par ma relation avec les autres. Le fait de tendre la main, de ne pas juger, de savoir se remettre en question et de pardonner dit l’une d’entre vous et elle ajoute une citation très belle de Saint Ambroise : « c’est en chacun de nous que l’Eglise découvre ce qu’elle est et qu’elle trouve la force de poursuivre sa mission. Avant d’être une structure organisée et hiérarchisée, l’Eglise est d’abord la communauté du peuple de Dieu. Une fraternité où tous s’efforcent de reconnaître la merveille qu’est la vie de chacun. » Pour nous chrétiens, vivre en communauté, ce n’est pas facultatif, cela fait partie de notre vocation et de notre mission. C’est incontournable. «Pour moi la confirmation est un renouvellement du baptême et un engagement dans la communauté de l’Eglise. » Là encore, tout comme dans la Trinité, c’est l’Esprit Saint qui fait ce travail de lien et de communion entre nous à condition que nous nous montrions docile à son action.


   Je vous appelle mes amis. Mais si nous sommes appelés à vivre en communauté d’amis du Christ, c’est pour porter ensemble l’Evangile et proposer la foi à ceux qui ne la connaissent pas. Une communauté chrétienne n’est pas un club chaud où on chercherait la sécurité, c’est une communauté ouverte à tous. Une communauté pour les autres ! Je vous ai établis, dit Jésus, afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure.  L’une d’entre vous exprime bien cela dans sa lettre : «L’Esprit Saint est une force qui va m’aider à tenir mon engagement et à affronter le monde dans lequel nous sommes… il me donnera la force de témoigner comme les apôtres lors de la Pentecôte. » Un autre d’entre vous : « Dieu nous envoie en mission. Mais de quelle mission s’agit-il ? Il s’agit d’aller vers les autres, de s’engager pour les autres, de se mettre au service des autres… je veux être bon pour les autres et pour moi-même. » Encore une autre : « Dieu nous envoie l’Esprit Saint pour que nous osions aller témoigner au monde. Même si on reste humain, je pense que cela rapproche de Dieu car on décide de le suivre et d’être acteurs pour son Royaume mais aussi pour les autres. C’est une mission. Pouvoir donner aux autres ce que je suis et ce que je sais mais aussi pour que de leur côté, ils m’apportent quelque chose. » Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, dans lequel le lien social se délite, quel fruit plus précieux que celui des chrétiens qui, par leur vie entre-eux, leur vie ensemble, donnent le signe que, malgré les difficultés et les divisions, la relation entre les personnes est jouable, la fraternité est possible ! Quel témoignage d’espérance ! C’est peut-être cela que le monde, aujourd’hui, attend le plus de nous !

 

  Mais pour témoigner de l’Evangile, il faut le connaître et avoir fait l’expérience personnellement et ensemble qu’il est une Parole de vie pour soi et pour les autres. J’ai beaucoup aimé l’expression de l’un d’entre vous au sujet de la Bible. « Pour ceux qui disent que la Bible est « un tissu de mensonge » puisqu’elle serait contraire à la science, moi je leur dirais : ‘la bible n’est pas un livre de science mais de sens’. Elle donne sens à toute vie et en particulier à la mienne puisque je me retrouve dans le Livre. Personnellement, une vie ne peut avoir de sens si elle n’est pas délimitée par un commencement et une fin. Cette fin, je veux qu’elle soit auprès du Père, auprès de Dieu. C’est, en partie, en cela que je veux être chrétien. Il nous aime, je l’aime. »

 

   Dans quelques instants, vous allez recevoir le sacrement de confirmation : « Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu ». Ce don que Dieu nous fait pour approfondir notre relation personnelle avec lui, pour vivre avec les autres chrétiens dans l’amitié et la communion pour qu’ensemble, nous portions des fruits. Pour cela, je vous invite fortement à continuer à vous retrouver dans vos différents groupes. Ensemble, continuez de porter des fruits de partage, de pardon, de paix, de justice et de joie au milieu des jeunes avec lesquels vous vivez au lycée, au sport, en famille et partout ailleurs. Ce sont des fruits qui transforment notre monde en une terre d’amour et de fraternité.  Ce que je vous commande, dit Jésus, c’est de vous aimer les uns les autres.

 

Père Gérard Mouchard, Vicaire Général

Par Père Louis de Villoutreys - Publié dans : Année B - Temps pascal - Communauté : Puiser à la Source
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 09:40

3ème dimanche de Pâques - Année B (Mc)

Dimanche 26 avril 2009

 

Textes : Ac 3, 13-15.17-19 ; Ps 4 ; 1Jn 2, 1-5 ; Lc 24

 

 

    C’est vous qui en êtes les témoins » (Lc 24, 48) conclut le Christ ressuscité en s’adressant à ses disciples. Que signifie être témoin ? Un témoin c’est celui qui voit un événement et qui par la suite atteste de la véracité de cet événement. Par exemple quelqu’un qui assiste à un crime et qui le déclare à la police, sous forme de procès verbal, ce qu’il a vu et entendu. Nous avons aussi les témoins de mariage qui signent l’acte dans les registres. Être témoin, ce n’est donc pas seulement voir, c’est aussi raconter, voire même s'impliquer.

   Tels « les disciples qui rentraient d’Emmaüs [racontant] aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’étaient passé sur la route » (Lc 24, 35) : leur rencontre avec Jésus. Tel Pierre qui, après avoir reçu la force de l’Esprit, s’adresse aux Juifs de Jérusalem à propos de la mort et de la Résurrection du Christ : « Lui, le chef des vivants, vous l’avez tué ; mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins » (Ac 3, 15).

   Mais, nous, chrétiens du XXIème siècle, nous n’avons rien vu, nous n’avons pas vu le Ressuscité nous parler et manger ! Pouvons-nous dire alors que nous en sommes témoins ? Vous savez que le mot témoin désigne aussi le bâton que se passent les coureurs de relais. C’est le passage, la transmission du témoin. C’est ce qu’on peut appeler la tradition. Cette tradition commence dès la découverte du tombeau vide. Rappelez-vous Marie-Madeleine qui court trouver Pierre et Jean pour annoncer cette absence. Pierre et Jean se mettent aussi eux-mêmes à courir. La tradition commence par une course avec un passage à témoin. On peut remarquer qu’elle se vit d’abord au sein même de la communauté chrétienne, de l’Eglise naissante : les disciples d’Emmaüs rejoignent le groupe des onze pour raconter leur récit. Après la Pentecôte ; l’annonce de cette parole déborde la communauté primitive : Pierre s’adresse aux Juifs, Paul aux païens. « Je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures » (1Co 15, 3-4). En recevant l’Evangile du Christ transmise par l’Eglise depuis presque 2000 ans, nous devenons nous aussi témoins du Christ.


   Comment être d’authentiques témoins ? Eh bien les passages bibliques d’aujourd’hui nous en donnent des réponses.

   - Comme pour les deux disciples d’Emmaüs, les onze et leurs compagnons, nous sommes invités à laisser le Christ nous « ouvrir l’esprit à l’intelligence des Écritures ». Pour annoncer authentiquement la Parole de Dieu, il nous faut d’abord la recevoir intelligemment à l’école du Christ. L’intelligence vient étymologiquement de deux mots inter (entre) et legere (lire). L’intelligence des Écritures, c’est donc notre capacité à lire entre les lignes. Jésus révèle à ses disciples le sens profond des Écritures : le Christ, par sa mort et sa résurrection, accomplit le projet de l’amour de Dieu pour tous. C’est dans l'Église du Christ, et non pas individuellement ou isolément, que nous lisons et écoutons la Parole de Dieu. Laissons-nous instruire par ses pasteurs, en premier les évêques, successeurs des Apôtres.

   -  Dans son épître, saint Jean nous met en garde : « Celui qui dit ‘je le connais’, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur ». Les témoins du Christ sont ceux qui suivent les commandements du Christ, à savoir l’amour de Dieu et du prochain. Sinon nous sommes des menteurs, des contre-témoins, et nous le sommes trop souvent, car nous sommes pécheurs. Mais nous rappelle l’Apôtre, « nous avons un défenseur devant le Père : Jésus-Christ, le Juste ». Laissons-nous donc réconcilier avec lui.

   - Enfin, il y a cette belle parole du psalmiste : « Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage » (Psaume 4). Être témoin du Christ, c’est être configuré au Christ ressuscité. Attention, le Christ ressuscité n’apparaît pas aux disciples sans les marques de la Passion. La Croix est au cœur de notre témoignage. Saint Etienne, premier martyr, est témoin de l’amour jusqu’au bout. Chacun, nous portons nos croix que souvent nous n’avons pas choisies (tel Simon de Cyrène réquisitionné pour aider Jésus). Malgré ces croix, nous avons l’espérance, cette espérance qui nous permet d’avancer et de témoigner : « affermis-nous dans l’espérance de la résurrection » (prière d’ouverture). « Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage » : quand le Christ leur apparaît, il dit : « la paix soit avec vous », non pas la paix qui vient du monde mais le Christ lui-même qui est paix, qui nous apaise, lui le Juste. La paix, ce n’est pas la tranquillité ou l’absence de souffrance, c’est l’ajustement à l’amour de Dieu.

 

   A la suite des premiers disciples, par le baptême, la confirmation et l’Eucharistie, nous sommes témoins du Christ pour le monde. Laissons le Christ ouvrir notre esprit à l’intelligence des Écriture, soyons fidèles au commandement de l’amour et de Dieu et tu prochain, soyons configuré au Christ mort et ressuscité. Amen !

 

Par Père Louis de Villoutreys - Publié dans : Année B - Temps pascal - Communauté : Puiser à la Source
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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 23:59

Dimanche de Pâques - Année B (Mc)

Dimanche 12 avril 2009

 

Textes : Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117 ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9

 

   « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis ». Telles sont les premières paroles prononcées par Marie Madeleine à Pierre et à l’autre disciple (Jean), celui que Jésus aimait, en ce matin dominicale. Quand Jean entre dans le tombeau, « il vit et il cru ». Que croit-il ? Certes, en la parole de Marie Madeleine, il voit bien que le tombeau est vide. Mais, il croit surtout que Jésus est vivant : non seulement il n’est plus là, mais il a quitté ses habits de mort. Jésus est ressuscité d’entre les morts !
   Plus tard, après la descente de l’Esprit sur les Apôtres, Pierre, le premier d’entre eux, déclare chez un centurion romain : « Jésus de Nazareth [….], Dieu l’a ressuscité le troisième jour ». C’est là le premier dogme de l’Eglise.
   Cette nuit, nous avons entendu un autre récit. Aux trois femmes venues au tombeau pour embaumer le corps, « un jeune homme vêtu de blanc » déclare : « N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. […] Allez dire à ses disciples et à Pierre : ‘Il vous précède en Galilée’ ». Réactions : elles ont peur et se taisent ! (le contraire de ce qu’on leur demande).

 


   Depuis 2000 ans, comme le jeune homme en blanc du tombeau, comme Pierre et les Apôtres, l’Église ne cesse de proclamer la Résurrection du Christ. Qu’est-ce que cela produit en nous ? Y croyons-nous vraiment ?
   Tout à l’heure, nous allons avec les parents, parrain et Marraine d’Elina professer ensemble la foi de l’Église. Je vous demanderai : « Croyez-vous en Jésus Christ [qui] est ressuscité d’entre les morts ?  » Et ceux qui le croient répondront « Je crois ». Je poserai aussi cette question « Croyez-vous à la résurrection de la chair (ou résurrection des mort) ? » Vous pourrez répondre « Je crois ».

 


   Cette foi en la résurrection du Christ et des morts n’est pas si évident que cela à en croire un sondage publié ces jours-ci dans le magazine Pèlerin.
   Sur un échantillon nationale de 1000 personnes de plus de 18 ans, à la question : « Selon vous, qu’y a-t-il après la mort ? », 10% répondent « la résurrection des morts auprès de Dieu  ». Le plus étonnant, c’est que seulement 13% de ceux qui se disent catholiques y croient et 57% pour les catholiques pratiquants réguliers. Ce sondage m’interpelle, 43% des pratiquants réguliers sont des pratiquants non croyants !

 


   Au-delà de ce sondage, il est peut-être bon de nous interroger sur le sens de la résurrection des morts. « Purifiez-vous donc des vieux ferments et vous serez une pâte nouvelle ». Cette phrase de saint Paul, qui évoque un rite de la fête pascale juive,  - nous l’avons entendu tout à l’heure - peut nous y aider à mieux comprendre la résurrection.
   - « Purifiez-vous donc des vieux ferments » La purification évoque la mort. Purifier, c’est supprimer ce est vieux, ce qui n’a plus raison d’être, comme quelqu’un qui jette son vieux vêtement. La mort est une étape nécessaire avant la Résurrection.
  - « vous serez une pâte nouvelle ». La résurrection n’est pas un retour à la vie d’avant, comme certains nostalgiques qui rêvent de restauration. Non, la résurrection renouvelle notre vie. Il y a une nouveauté. Comme la pâte qui se lève, grâce au levain, eh bien, l’homme se lève, grâce à la vie divine, il se lève pour une vie nouvelle. Ressusciter signifie étymologiquement « se relever ».

   Pour terminer je vous relis la prière que j’ai chanté en ouverture : « Aujourd’hui, Dieu notre Père, tu nous ouvres la vie éternelle par la victoire de ton Fils sur la mort, et nous fêtons sa résurrection. Que ton Esprit fasse de nous des hommes nouveaux pour que nous ressuscitions avec le Christ dans la lumière de la vie »
   Amen, Alléluia !
Par Père Louis de Villoutreys - Publié dans : Année B - Temps pascal - Communauté : Puiser à la Source
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  • Prêtre catholique du diocèse de Poitiers, responsable du secteur pastoral du Dolo et de la pastorale des jeunes sur le Bressuirais.

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