Qu'est-ce qui te fait courir ?

Publié le par Père Louis de Villoutreys

Dimanche de Pâques - Année A (Mt)

Dimanche 23 mars 2008

 

Textes : Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117 ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9

 

   « Jésus de Nazareth [….], Dieu l’a ressuscité le troisième jour. » Telle est l’annonce que Pierre lance chez un centurion romain. Telle est l’annonce qui court dans le monde depuis 2000 ans ! « Le Christ, notre agneau pascal, a été immolé. Célébrons donc la Fête » écrit Paul aux chrétiens de Corinthe. Cette fête pascale, nous la célébrons encore aujourd’hui.
   Alléluia ! Oui, le Christ est ressuscité ! Nous le croyons, telle est notre foi ! Mais sur quelle preuve repose notre foi ? L’évangile ne nous en donne pas. Il ne nous propose d’abord le témoignage d’une femme peu recommandable, Marie Madeleine, puis celui de quelques hommes pas très courageux et plutôt sceptiques.
   Nous avons donc une femme qui se rend au tombeau, « le premier jour de la semaine... de grand matin... alors qu’il fait encore sombre... ». Le tombeau est ouvert, il est vide !
   Marie-Madeleine annonce la nouvelle de l’absence de Jésus dans le tombeau à Pierre et un autre disciple Jean. Souvenez-vous : Pierre, c’est celui qui a renié Jésus et Jean, c’est celui qui a été fidèle jusqu’au pied de la croix. Jean, qui est jeune, arrive le premier au tombeau, mais il laisse Pierre, le premier des Douze, passer devant lui pour y entrer. Tous les deux trouvent le linceul et le linge. Pierre constate, mais ne voit pas ce qui s’est vraiment passé. Jean, lui, le disciple que Jésus aimait « voit et croit ». Que croit-il ? Il croit ce qu’a dit Marie Madeleine : « on a enlevé le Seigneur de son tombeau », plus encore il croit que Jésus est vivant. Non seulement Jésus n’est plus là, mais il a quitté ses habits de mort.
   Ce qui est premier dans la foi, ce n’est pas la démonstration par preuves. Non, ce qui est premier dans la foi en la résurrection du Christ, c’est le cœur. L’essentiel est invisible aux yeux, on ne voit qu’avec le cœur, un cœur qui aime. Qu’est-ce qui fait courir Jean sinon l’amour passionné pour son maître !
 
   Émilie, qu’est-ce qui te fait courir ? Qu’est-ce qui te fait courir pour aller au catéchisme, pour accepter de te faire baptiser, pour aller communier pour la première fois au Corps du Christ ? N’est-ce pas ton désir d’aimer et d’être aimée ? N’est-ce pas ton désir de connaître et d’aimer davantage Jésus ? Tu n’étais pas là devant le tombeau vide, et nous non plus. Et pourtant, tu ouvres ton cœur à la foi de l’Eglise.
 
   Tu vas recevoir le baptême de Jésus. Avec Jésus, tu vas entrer dans le tombeau de la mort, puis tu vas quitter tes vêtements de morts tâchés par le péché. Avec Jésus, en ce premier jour de la semaine, tu vas sortir du tombeau comme on sort du sein maternel, pour naître de nouveau.

    Aujourd’hui, en ce grand jour de Pâques, comme à chaque messe, nous revivons avec toi les trois sacrements de l’initiation chrétienne : le Baptême, l’Eucharistie et la Confirmation (que tu pourras recevoir plus tard).
   Le baptême, c’est la porte de l’église toujours ouverte pour entrer dans la maison du Père, dans son intimité. Nous marchons ensuite vers l’autel pour reposer nos pieds fatigués par le route (le Christ nous les lave), pour recevoir le pain eucharistique, pain de la route, pour communier à Jésus mort et ressuscité. Et nous repartons, poussés par le souffle de l’Esprit, pour porter au monde la bonne nouvelle du Christ ressuscité, pour en être ses témoins, c’est le sacrement de confirmation.

 

    Merci à toi Émilie de nous permettre de redécouvrir ce baptême que nous avons reçu et que tu vas revevoir.
 
   Amen ! Alléluia !

 

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