La crèche, signe de l'Eglise qui ouvre le monde au mystère du Christ

Publié le par Père Louis de Villoutreys

L'Epiphanie du Seigneur - Année B (Mc)

Dimanche 4 janvier 2009


Textes : Is 60, 1-6  ; Ps 71 ; Ep 3, 2-3a.5.6 ; Mt 2, 1-12



De la Sainte Famille à la famille humaine

 

En ce temps de Noël, nous avons fêté dimanche dernier la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph. Dans mon homélie, je terminais par dire que la Sainte famille est un peu comme le noyau de la grande famille du Christ qu’est la sainte Église. « Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère ».

 


Autrement dit, la famille de Jésus s’élargit avec ses disciples. Comme la famille de Jésus, l’Église naît d’un appel et est envoyé en mission. L’Esprit Saint est à l’œuvre dans l’Eglise, comme il l’est en Marie et Joseph.


Aujourd’hui, en la solennité de l’Épiphanie du Seigneur, la famille s’élargit davantage avec « des mages venus d’Orient », des astrologues attirés par une étoile signifiant la naissance du roi des Juifs.

   - Marie et Joseph, enfants d’Israël, accueillent la vie du Christ. Des hommes et des femmes choisissent de suivre le Christ : ce sont les disciples ou chrétiens.

   - D’autres, tels les mages, sont en recherche, en quête de sens et cheminent vers le Christ. Le mystère du Christ, « c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » nous dit saint Paul dans son épître.  L’Esprit Saint est à l’œuvre dans le monde.

 

Entrer dans le mystère du Christ

 

L’Épiphanie signifie que, d’une manière ou d’une autre, nous sommes appelés à accéder au mystère du Christ. Quelque soit notre situation, notre état de vie, notre foi, il est possible de rencontrer le Christ. Ces temps de l’Avent et de Noël nous le font comprendre.

   - Ainsi Marie, une jeune fille d’Israël, d’un peuple en attente du Sauveur, est disponible à la Parole du Seigneur et accueille chez elle le Fils de Dieu.

   - Ainsi les bergers, ces marginaux de Judée, qui font seulement leur travail et n’ont rien demandé, sont enveloppés de la lumière de la gloire du Seigneur. Ils sont les premiers à bénéficier de la Bonne Nouvelle de la naissance du Sauveur. La crèche en est le signe.

   - Ainsi les mages, ces païens venus d’Orient, symbole de tous ces hommes et ces femmes en recherche, parviennent grâce à l’étoile, en passant par Hérode, à l’enfant roi. C’est parce qu’ils ont vu une étoile qu’ils ont marché vers le Fils de Dieu.

Il y a Hérode qui, malgré le message des mages et l’écoute de ses théologiens (grands prêtres et scribes), refusent la naissance du Sauveur.


Le Christ mobilise les uns et les autres. C’est toujours vrai aujourd’hui. Et nous, communautés chrétiennes du Bocage, sommes nous étoile pour tous ceux qui sont en recherche, tels les mages, ou pour tous ceux qui ne demandent rien, tels les bergers. Nos communautés se lèvent-elles comme l’étoile pour annoncer la Vérité : Jésus Christ, c’est Dieu qui vient parmi nous partager notre humanité pour nous rendre libres, pour nous sauver des liens du péché ?

 

L’adoration

 

« En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui ». Les mages viennent adorer l’enfant Jésus. Scène inouïe que d’adorer un enfant. Certes, nous tombons souvent sous la charme d’un nourrisson, nous nous en émerveillons, mais l’adorer ! « On n’adore que le bon Dieu !  » C’est ce que m’ont toujours dit mes parents. Et ils ont raison. C’est même parmi les Dix Commandements : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et ne serviras que lui seul » (Dt 6, 13). Il s’agit donc d’adorer seulement Dieu – qui nous a créés -, et non les idoles – ces dieux que nous fabriquons. L’adoration s’oppose à l’idolâtrie. C’est dire combien Jésus n’est pas un simple enfant, c’est le Fils de Dieu.

 

Á la samaritaine Jésus dit qu’il n’y a plus besoin d’un lieu pour adorer le Père (telle montagne ou Jérusalem), il s’agit de l’ « adorer en esprit et en vérité », c’est-à-dire non pas purement dans l’intériorité (nous ne sommes pas des anges) mais aussi par notre corps : corps et âme. Notre corps doit exprimer la vérité de notre cœur.

S’il y a un lieu pour l’adoration, c’est bien en Église. La crèche est comme un lieu d’Église dont le Christ est le centre, ce Christ vers qui tout regard converge. Regards de Marie et Joseph, ce noyau d’Eglise ; regards des bergers, ces gens simples plutôt en marge ; regard des mages venus d’Orient, ces chercheurs de Dieu. La crèche est donc le signe d’une Église ouverte sur le monde, ouverte non pas pour être comme le monde, mais ouverte pour que le monde ait accès au mystère du Christ, pour que le monde croit au Fils de Dieu.


Afin que nous soyons nous-mêmes étoile pour le monde, nous sommes invités à entrer, tels Marie et Joseph, dans l’intimité du Christ. Entrer dans son intimité, c’est se mettre à l’écoute de sa Parole, personnellement et en communauté, c’est vivre des sacrements de l’Eglise dont l’Eucharistie est le centre et que nous sommes en train de célébrer ce dimanche.

Publié dans Année B - Noël

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