La Sainte Famille nous est donnée en exemple

Publié le par Père Louis de Villoutreys

La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph - Année B (Mc)

Dimanche 28 décembre 2008


Textes : Gn 15, 1-6  ; 21, 1-3 ; Ps 104 ; He 11, 8-19 ; Lc 2, 22-40



En ce temps de Noël où nous aimons nous retrouver en famille, nous fêtons la Sainte famille. Avant de nous tourner vers elle, demandons-nous ce qu’est la famille.

Vient d’abord à notre esprit la famille idéale : un père, une mère et plusieurs enfants vivant ensemble dans le bonheur.

Viennent ensuite la réalité plus complexe de nos familles, avec leurs joies mais aussi leurs blessures.

 

Il y a quelques temps, le sociologue Michel BILLÉ, présentait aux équipes d’accompagnement au mariage l’évolution de la famille depuis 1945 chez nous en trois étapes :

Une famille qui se structure autour d’une unité de production. Vivent sous le même toit, dans la même ferme trois générations avec de nombreux enfants.

L’agriculture se modernisant (exportations, mécanisation, rationalisation), le couple âgé se retire de la ferme, un seul couple y reste, les autres vont en ville habiter dans des appartements dans lesquels ils s’isolent. La famille se structure autour du couple.

Dans une société en mouvement, les couples éclatent de plus en plus (séparations, divorces). La famille ne se structure donc plus autour du couple mais autour de l’enfant. L’enfant se réfère à deux foyers (celui de son père et celui de sa mère) : on parle de famille bifocale, voire même famille plurifocale. Apparaît même ma nation d’homoparentalité.

 

Sans vouloir idéaliser le passé, nous voyons bien que beaucoup de familles sont décomposées, sont blessées. Quant une famille est blessée, chacun de ses membre l’est, en particulier le plus faible : l’enfant. Notons que ce dimanche de la sainte famille coïncide avec la fête des Saints Innocents.

Familles blessées par les séparations et les divorces,  par des modèles homosexuelles, mais aussi, ne l’oublions pas, par l’avortement (qui est la première cause de mortalité en France).

Malgré ce tableau sombre, les enquêtes montrent que la famille reste la première valeur citée, il existe heureusement des familles unies qui surmontent les crises dues aux accidents de la vie.


Revenons donc à la sainte famille qui nous est « donnée [aujourd’hui] en exemple » afin de « pratiquer comme elle, les vertus familiales et d’être unis par les liens de l’amour [de Dieu] », d’après la prière d’ouverture de cette messe.

 

D’abord, bien que sainte et donnée en exemple, la famille de Jésus, Marie et Joseph, n’est pas une famille idéale.

En effet, écoutons ce qu’annonce le vieux Syméon à Marie au sujet de son fils : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée ». Et nous connaissons la suite, Marie accompagnera son fils aussi bien dans les joies des noces de Cana qu’à l’heure de la Croix. Voir mourir son fils n’est quand même pas l’idéal pour une mère. Mais, avec le Christ, la mort n’a pas le dernier mot, la Vierge Marie participe désormais à la gloire de son divin Fils.

La famille n’est pas idéale non plus dans sa composition : le père n’est qu’un père adoptif, la mère est vierge et le fils est divin. Attention à ne pas y voir l’image de la famille recomposée d’aujourd’hui. Il y a une grande différence entre ces deux modèles : la sainte famille naît de l’amour, de l’alliance, alors que la famille recomposée naît du péché, d’une rupture d’alliance.

 

Cette alliance d’amour est célébrée dans le mariage dont je vous rappelle les quatre piliers : la fidélité, la fécondité, la liberté et l’indissolubilité. Marie et Joseph sont, à leur manière, ce couple exemplaire qui a vécu jusqu’au bout l’alliance.

Fidèles, ils le sont par le oui à la volonté de Dieu lorsque l’Ange Gabriel leur a, à chacun, annoncer la venue du Sauveur.

Féconds, ils le sont en acceptant d’accueillir celui qui est la Vie, de l’éduquer : « l’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »

Libres, ils le sont quand Joseph respecte Marie en refusant de la répudier, quand tous les deux ils se dessaisissent de leur autorité sur leur fils Jésus.

Unis, ils le sont jusqu’au bout car vivant ensemble de la grâce de Dieu.

 

La Sainte famille est un peu comme le noyau de la grande famille du Christ qu’est la sainte Église. « Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère ». Ce qu’il y a de plus grand chez Marie et Joseph, ce n’est pas d’être les parents de Jésus, c’est de faire la volonté de Dieu. Voilà la sainteté véritable que nous sommes invités à vivre. Amen !


Publié dans Année B - Noël

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