Le Verbe était la vraie lumière,... il s'est fait chair

Publié le par Père Louis de Villoutreys

Nativité du Seigneur

Jeudi 25 décembre 2008, messe du jour

 

Textes : Is 52, 7-10 ; Ps 97 ; He 1, 1-6 ; Jn 1, 1-18


Les textes du jour de Noël paraissent  bien loin du récit de cette nuit : « Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Là point de bébé dans une crèche mais un « Verbe » désignée comme « la vraie lumière », un Verbe qui « s’est fait chair ». Il faut reconnaître que le prologue de Saint Jean est moins vendeur que le récit concret de Luc. Et pourtant, ce prologue est une richesse qu’il ne faut pas mettre aux oubliettes.

 

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu ».

D’abord le Verbe. Qu’est-ce que le Verbe ? Vous demandez à un élève de primaire, il vous répondra : « le verbe est l’élément essentiel  de la phrase : c’est lui qui en assure l’homogénéité car c’est à lui que se rattachent les différents groupes compléments. […] Le propre d’un verbe est d’évoquer le processus, c’est-à-dire un déroulement dont on peu identifier le début et la fin ». (Bescherelle – La grammaire pour tous au n° 454). Le verbe est donc le noyau de la phrase, ce n’est pas rien.

Le verbe signifie aussi la parole : on dit de quelqu’un qu’il a le verbe haut quand il parle très fort.

Le Verbe désigne donc à la fois une parole et une action.

La Lettre aux Hébreux (1ère lecture) nous parle  de « ce Fils qui porte touche chose par sa parole puissante » (He 1). Autrement dit, le Verbe de Dieu est parole agissante, comme en témoigne le récit de la Genèse : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. […] Dieu dit : "Que la lumière soit" et la lumière fut. » (Gn 1, 1.3). Jésus Christ, Fils de Dieu, est créateur : « par lui tout s’est fait, et rien ne s’est fait sans lui ». La Parole du Christ continue d’agir tout au long de sa vie terrestre (récits de guérison).

 

« Le Verbe était la vraie lumière »

Maintenant la lumière.

Cette nuit, nous avons entendons le prophète Isaïe dire « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9, 1). Eh bien cette lumière qui se lève, c’est le Verbe, le Christ lui-même.

Qu’est-ce que la lumière ? Il s’agit d’un rayonnement qui permet aux choses d’être éclairées et donc d’être vues, d’après mon dictionnaire.

Dans l’évangile, saint Jean précise : « le Verbe était la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant dans ce monde ». Il ne s’agit pas d’une lumière naturelle ou artificielle, il s’agit d’une lumière divine que nos yeux humains ne peuvent supporter.  Cette lumière, c’est le Fils de Dieu « reflet resplendissant de la gloire du Père », selon la lettre aux Hébreux  (1ère lecture), « Lumière née de la lumière », selon le symbole de Nicée-Constantinople. La Bonne nouvelle de Noël, c’est que le Fils de Dieu vient nous rejoindre dans nos ténèbres, les ténèbres du péché, pour nous illuminer, pour nous élever avec lui dans le monde de la lumière. Le cierge de notre baptême est le signe de cette résurrection.

 

« Le Verbe s’est fait chair »

Enfin la chair.

Qu’est-ce donc la chair ? Il ne s’agit pas de « la substance molle du corps de l’homme ou des animaux » enveloppant le squelette. Il ne s’agit pas non plus de la viande que l’on mange. Non, la chair désigne notre condition de créature, condition mortelle et vulnérable, notre capacité à entrer en relation. Elle désigne toute la personne. Lorsqu’Adam dit à Ève : « Celle-ci est l’os de mes os, la chair de ma chair », il exprime sa conscience d’une communion profonde avec elle.

Or nous le savons, la chair est blessée par le péché d’Adam. Le péché étant cette cassure dans la relation entre les hommes et Dieu, entre les hommes eux-mêmes. C’est pourquoi, le Fils de Dieu « a pris chair de la Vierge Marie », il s’est fait semblable à Adam, il a pris sa chair, c’est-à-dire sa condition humaine pour le ramener à la ressemblance parfaite avec lui, pour le délivrer et nous délivrer de la mort par sa Résurrection, point culminant de son Incarnation.

Dans le Credo, nous affirmons « Je crois à la résurrection de la chair ». Autrement dit, nous croyons que toute notre personne est appelée à reprendre vie.

 

Noël nous entraine donc plus loin que la simple naissance de l’enfant Jésus dans une crèche. Noël nous invite à accueillir le Christ, pleinement Dieu et pleinement homme, dans notre vie,  à se laisser éclairer par sa parole vivante pour qu’il nous conduise auprès du Père.


Publié dans Solennités

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