Noël : accueillons Dieu qui vient !

Publié le par Père Louis de Villoutreys

Nativité du Seigneur

Mercredi 24 décembre 2008, messe de la nuit

 

 

 



Noël ! En entendant ce mot, notre imaginaire travaille. Si nous faisons un micro-trottoir autour de la question : « pour vous, qu’est-ce que Noël ? », nous aurions diverses réponses :

- Noël, c’est la fête des enfants, on leur offre  des cadeaux ! On leur dit même que c’est le Père Noël qui les leur apporte.

- Noël, c’est l’arbre de Noël qu’on décore.

- Noël, ce sont toutes ces lumières en ville et dans nos villages.

- Noël, c’est le monde dans les rues et les magasins.

- Noël, c’est une fête de fin d’année : « bonnes fêtes de fin d’année » entend-t-on.

- Noël, c’est le réveillon avec un repas amélioré.

- Noël, c’est une fête de famille, c’est l’occasion de rassembler les familles.

- Noël, c’est la joie de la rencontre.

A l’inverse, pour d’autres, Noël accentue les souffrances. Certains sont seuls ce soir, ils n’ont plus de famille ou d’amis. Ailleurs, c’est la guerre, d’autres crient famine.

Il y en a certains qui ajouteront :

- Noël, c’est la crèche avec l’enfant Jésus au milieu.

- Noël, c’est la messe de la nuit dans une église avec des beaux chants.

- Noël, c’est l’anniversaire de Jésus.

 

Au-delà de nos expériences et de nos images, quel est donc l’essentiel de Noël ? Pour y répondre allons donc à la source : l’évangile que nous avons entendu.

 

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur […]. Il est le Messie, le Seigneur […]. Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. […] Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».

Voilà donc la Bonne Nouvelle : Dieu vient parmi nous. Il vient parmi nous en se faisant l’un de nous. Dieu s’est fait homme. Dieu s’est fait bébé. Nous savons combien un bébé est fragile, vulnérable : il ne peut pas être autonome, il lui faut être accueilli.

 

Accueillir Dieu qui vient, voilà l’essentiel de Noël. Il ne vous viendrait pas à l’idée de fêter l’anniversaire de quelqu’un sans lui. C’est pourquoi vous êtes venus dans cette église de Terves pour fêter Noël. Ici, le Seigneur Jésus est l’invité d’honneur.

Pour venir parmi nous, Dieu a besoin d’une terre accueillante. Tel l’arbre qui a besoin d’une bonne terre pour prendre racine et fleurir au printemps.

 

Comment Jésus a-t-il été accueilli il y a 2000 ans ?

 

Il y a d’abord la rencontre de Marie avec l’Ange Gabriel : elle dit oui à ma mission d’être la mère du Sauveur. Marie devient la première demeure de Dieu parmi les hommes. Joseph, à qui Marie a été accordée en mariage,  accepte d’accueillir l’enfant qui n’est pas de lui.

Il y a ensuite Bethleem, une ville de Judée, dont est originaire Joseph. Bethleem signifie « maison du pain ». Cet enfant qui naît là se désignera lui-même comme la pain de vie descendu du ciel, ce pain partagé grâce auquel les disciples d’Emmaüs le reconnurent après la Résurrection, ce pain par lequel nous allons communier ensemble au Seigneur.

Il y a du monde à Bethleem, car beaucoup y viennent pour le recensement ordonné par l’empereur Auguste. Or Marie sent l’accouchement proche, c’est pourquoi ils cherchent un lieu convenable pour accueillir le nouveau né. Comme la salle commune ne convient pas (il y a trop de monde), on les accueille dans une étable : là au moins ils seront tranquilles. C’est ainsi que Bethleem accueille l’enfant Dieu.

Il y a enfin les bergers, des simples gens en marge de la société, qui sont les premiers à qui l’ange annonce la bonne nouvelle de la naissance du Messie. Les derniers sont donc les premiers invités à rendre visite à la sainte famille : Marie, Joseph et Jésus.

 

Oui, Noël, c’est la fête de l’accueil de Dieu parmi nous. Noël est une provocation pour nous aujourd’hui : quel accueil réservons-nous aux personnes les plus vulnérables de notre société, tel l’enfant Jésus à Bethleem ? Savons-nous accueillir l’autre tel qu’il est et non tel que nous aurons souhaité qu’il soit ? (Joseph a accueilli un enfant qui n’était pas de lui).

- Savez-vous que la première cause de mortalité dans l’Union européenne, c’est l’avortement ? Un avortement toutes les 27 secondes ! Notre société est capable de ne pas accueillir l’enfant à naître. Savez-vous que 98% des enfants trisomiques dépistés in utero sont avortés ? Le handicap fait peur. Heureusement qu’il existe des associations qui accueillent les femmes ayant avorté et celles qui ont accueilli difficilement leur enfant. Des associations soutiennent les familles qui ont un enfant handicapé.

- L’accueil des étrangers est difficile dans notre société. Les accueillir dans leur dignité de personne humaine, qu’ils soient clandestins ou réguliers, est une exigence à rappeler. Le comité diocésain de la solidarité a publié il y a deux ans un document dans ce sens : « Étranger mon frère ».

- Parmi les chrétiens : des personnes divorcées remariées civilement : comment leur donner toute la place dans l’Église au titre de leur baptême, même s’ils ne peuvent communier au Corps du Christ ?

- On pourrait continuer encore l’énumération des personnes en difficultés à accueillir : les sans-logements, ceux qui ont un travail précaire, les chômeurs… La crise n’arrange rien.

 

Malgré tout, ce soir nous entendons encore l’ange dire : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple ». Que la joie de Noël n’entretienne pas nos égoïsmes, mais au contraire qu’elle ouvre notre cœur et nos bras au Seigneur présent parmi les personnes les plus vulnérables de notre société.


Publié dans Solennités

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