Commencement...

Publié le par Père Louis de Villoutreys

 2ème dimanche de l’Avent – Année B (Mc)
Dimanche 4 décembre 2005





« Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu »

« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route »

 

Laissons résonner en nous ces paroles de l’évangile que nous venons d’entendre.

 

« Commencement »

 

Oui, il s’agit bien d’un commencement. Depuis dimanche dernier nous sommes entrés dans une nouvelle année liturgique. Nous sommes passés de l’année A à l’année B. Après l’évangile selon saint Matthieu, c’est l’évangile selon saint Marc qui va principalement nous accompagnés durant cette nouvelle année. Le livre de l’évangile selon saint Marc que nous ouvrons aujourd’hui commence justement par le mot « commencement ». C'est par ce même mot que débute la Genèse, le premier livre de la Bible : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre ». Cette Bonne nouvelle de Jésus inaugure donc une nouvelle création, une nouvelle histoire d’alliance. Chaque dimanche, premier jour de la semaine, les chrétiens ne célèbrent-ils pas le jour de la résurrection du Seigneur qui nous ouvre le chemin du salut.

 

« La Bonne Nouvelle »

 

Comme vous le savez, « évangile » est une transcription d’un mot grec qui veut dire « bonne nouvelle ».

 

Déjà dans la lecture du livre d’Isaïe, il est question d’une bonne nouvelle : « Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. » Quelle est cette bonne nouvelle qu’il faut crier du haut de Jérusalem ? Le Seigneur Dieu va venir avec puissance et gloire pour ramener les exilés au pays, pour les libérer de l’exil à Babylone. La nouvelle du rassemblement du peuple dispersé et pécheur est un motif de joie pour tous.

 

La deuxième lettre de saint Pierre, quant à elle, annonce la bonne nouvelle d’un monde nouveau : « ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice ». Autrement dit, c’est la bonne nouvelle du royaume de Dieu, dans lequel « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ». Cette attente d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle, nous l’exprimons à chaque fois que nous disons le « Notre Père » : « Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

 

« Jésus Christ, le Fils de Dieu »

 

Cette bonne nouvelle est une personne : Jésus Christ. Qui est cet homme que Marc nous présente au début de son récit ? L'évangile selon Marc veut justement répondre à cette question. Son évangile est en fait son témoignage de foi en Jésus de Nazareth, Messie et Fils de Dieu, le sauveur de tout homme. Dans un style spontané et oral, Marc veut révéler progressivement le mystère de la personne de Jésus dont il est le disciple. Il s’adresse à une communauté de païens convertis dans une époque de crise et de persécution à la fin des années 60.

 

Qui est ce Jésus dont nous sommes nous aussi les disciples ?

 

Il est le Christ, le Messie, c’est-à-dire selon la tradition biblique un homme consacré et envoyé par Dieu pour établir son Règne dans le monde. Contrairement à l’attente de certains juifs, Marc nous dévoilera peu à peu le vrai visage du Messie, non pas un Messie politique et militaire mais un Messie crucifié, non pas un messie des armées mais un messie désarmé.

 

Il est le Fils de Dieu. Plus qu’un Messie humain, Jésus est Seigneur, il est Dieu lui-même venu parmi nous, il est l’Emmanuel.

Cette double foi en Jésus, Christ et Fils de Dieu, est exprimée plus tard par deux personnes différentes : l’apôtre Pierre et un centurion romain.

« Tu es le Christ » (8, 29) confesse Pierre vers Césarée de Philippe.

« Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » (15, 39) déclare le centurion romain devant Jésus crucifié et mort.

Marc nous invite donc à nous mettre en route, dans la foi, à la suite du Sauveur.

 

« Préparez le chemin du Seigneur »

 

Nous sommes bien dans le temps de l’Avent, temps de veille (dimanche dernier, Jésus nous a invités à veiller avant sa venue) et temps de préparation (« Préparez le chemin du Seigneur »). En effet, l’attente de la venue du Seigneur n’est pas un temps de passivité, c’est un temps de conversion et d’humilité. Préparer le chemin du Seigneur, c’est purifier notre cœur pour être prêt à accueillir le Seigneur qui vient vers nous, c’est reconnaître comme Jean Baptiste notre petitesse devant la puissance du Seigneur : « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi ». Prenons ce temps de l’Avent comme un temps de grâce que le Seigneur nous donne de vivre : « il veut que tous aient le temps de se convertir » écrit Pierre dans son épître. Attention, l’attente de « la nouvelle terre où résidera la justice » ne signifie pas désintéressement égoïste des affaires terrestres, il s’agit, selon Pierre, de faire « tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables, dans la paix ».

 

En ce temps de l’Avent, préparons notre cœur à célébrer la Bonne Nouvelle de Noël, la venue parmi nous de Jésus Christ le Fils de Dieu.

 

Adressons une nouvelle la prière d’ouverture de ce jour au Père :

« Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils, mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. Lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.





Publié dans Année B - Avent

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