Donner au monde le goût de l'Evangile

Publié le par Père Louis de Villoutreys

29ème dimanche du Temps ordinaire - Année A (Mt)
Dimanche 19 octobre 2008 (Noirlieu)

 

Aujourd’hui se termine la semaine du goût. Depuis 18 ans, cette elle rassemble une multitude de talents (chefs, artisans, agriculteurs, collectivités, industries agro-alimentaires, ...) pour faire découvrir à tous les publics notre vaste patrimoine gastronomique et les encourager à éveiller leur goût dans la France entière. Il parait même que la gastronomie française est candidate au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Et nous, qui sommes l’Eglise, quelle est notre patrimoine ? Quel est ce patrimoine que nous aimerions faire découvrir à tous ? On pense d’abord à nos belles églises qui ont traversé les siècles, à la littérature chrétienne, à la musique sacrée… Mais il y a bien plus, notre premier patrimoine, c’est la Parole de Dieu, une parole qui a un goût, un goût de Bonne Nouvelle ! Patrimoine, le mot est faible pour dire le trésor qui nous est donné : une parole à vivre et à annoncer. Tel est le thème du Synode des évêques à Rome : « La Parole de Dieu dans la vie de l’Église et dans sa mission ».

Mission… le mot est lâché ! Ce dimanche nous terminons, certes la semaine du goût, mais surtout la semaine missionnaire mondiale qui ouvre notre regard au-delà de l’Hexagone. Regardons du côté de la Macédoine, au Nord de la Grèce, à Thessalonique, en l’an 50, soit à peine une vingtaine d’années après la Résurrection du Christ. Une lettre y a été envoyée à la communauté chrétienne de la part de ceux qui l’ont fondée : Paul, Silvain et Timothée. Ecoutons ces premiers missionnaires : « Notre annonce de l’Évangile chez vous n’a pas été simple parole, mais puissance, action de l’Esprit, certitude absolue » (1Th 1, 5b). La mission n’est pas discours, elle est action ! Par l’Esprit Saint, la Parole agit. C’est pourquoi Paul, Silvain et Timothée rendent grâce à Dieu pour ce qui se vit à Thessalonique. Depuis vingt siècles l’Esprit ne cesse d’agir à travers les nombreux missionnaires, comme ceux des Missions Étrangères de Paris, dont nous fêtons cette année le 350ème anniversaire. Pour beaucoup, l’annonce de l’Evangile a été jusqu’au témoignage suprême : le martyr. Tel, Théophane Veinard, un enfant de chez nous, qui, à l’âge de 31 ans,  meurt pour sa foi à Hanoï en 1861. Aujourd’hui encore, des chrétiens du diocèse, annoncent l’Évangile du Christ à travers le monde, et même des prêtres étrangers viennent chez nous.

Quels sont les fruits de l’évangélisation, c’est-à-dire de l’action puissante de l’Esprit Saint, sur la communauté de Thessalonique ? Elle fait de cette communauté locale une communauté chrétienne. Et ce qui définit la vie de l’Église qui est à Thessalonique, à toute communauté chrétienne, c’est la foi, la charité et l’espérance. Ce sont les trois vertus théologales que nous avons reçues à notre baptême. Théologales parce que Dieu est à la source de ces vertus. Ce ne sont pas des vertus statiques, molles, au contraire elles sont en mouvement, elles ont du goût.

Saint Paul nous dit que « la foi est active », autrement dit la foi n’est pas une simple croyance personnelle, elle nous rend acteurs, elle nous mobilise pour annoncer le Christ.

« La charité se donne de la peine », autrement dit la charité n’est pas un simple amour sentimental, elle est engagement total, elle nous rend serviteurs envers tous comme le Christ.

« L’espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père », autrement dit l’espérance n’est pas un simple espoir en un avenir meilleur, elle nous rend persévérant en cette vie où nous attendons le bonheur promis, la vie éternelle. La prière « en présence de Dieu notre Père » en est le signe.

Ces trois vertus théologales qui nous unissent au Christ, qui nous font chrétiens, nous les retrouvons dans les trois pôles de nos communautés locales : l’annonce de la foi, l’exercice de la charité, la prière qui manifeste notre espérance.

Ainsi, la Parole de Dieu doit être au cœur de nos communautés chrétiennes, particulièrement quand nous la célébrons le dimanche dans l’Eucharistie. Cette Parole de vie, nous sommes invités non pas à la ranger dans une belle bibliothèque, mais à la manger, tel le prophète Ezéchiel : « ouvre la bouche et mange le livre que je vais te donner » (Ez 2, 8). La manger, apprécier son goût, la digérer… mais aussi la partager en Église, l’annoncer à tous.

La mission de l’Église n’est pas de se mettre au goût du jour mais de donner au monde le goût de l’Évangile. Laissons-nous donc conduire par l’action de l’Esprit Saint. Amen !

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