Le mariage, une amitié de communion

Publié le par Père Louis de Villoutreys

Mariage de Jordane et Gwénaëlle

Samedi 21 juillet 2007 (église Saint-Sulpice de Oyré)

 

     « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. »

    Cette affirmation de Jésus est inouïe : lui, le maître et Seigneur, dit qu’il nous appelle ses amis. De quelle amitié s’agit-il ? « Je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » nous dit-il. Cette amitié est une amitié de communion. Le Christ nous fait entrer dans la communion de son Père. Il nous dévoile le mystère de Dieu. Quelle est cette amitié de communion ? Il s’agit d’avoir tout en commun, de connaître de l’intérieur le mystère de l’autre, d’accepter d’entrer dans l’intimité de l’autre. Telle est la relation entre le Père et le Fils. Et donc, si le Seigneur nous appelle ses amis, cela veut dire que nous sommes admis à connaître les secrets de son Père. La bonne nouvelle c’est que, chrétiens, c’est-à-dire disciples du Christ, nous devenons amis de Dieu.

    Jordane et Gwénaëlle, en vous engageant dans le sacrement du mariage, vous reconnaissez que votre amour vient de plus loin que vous, il vient de Dieu créateur qui est lui-même communion d’amour. « Faisons l’être humain à notre image. Homme et femme, il les créa. » Dieu, qui est en lui-même relation d’amour, crée l’homme et la femme capables d’aimer, capables de faire alliance, de vivre une amitié de communion. Telle est cette union à laquelle vous vous engagez aujourd’hui.

   « Vous êtes mes amis si vous faîtes ce que je vous commande. » Et qu’est-ce que commande le Christ ? C’est de nous « aimer les uns les autres ». Et de quelle manière ? En donnant sa vie pour ses amis comme le Christ lui-même ! « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». Saint Paul, dans sa lettre aux Chrétiens de Rome, parle même de sacrifice : « Je vous exhorte, mes frères, par le tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu ». En fait, le Christ nous montre qu’on ne peut pas aimer sans se donner soi-même à l’autre. Il nous a aimé jusqu’à la Croix. La croix, ce n’est pas d’abord un bijou, mais un chemin. Il y va de l’amour comme d’un chemin. L’amour n’est pas d’abord un sentiment, mais surtout une volonté, un travail, un chemin.

    Jordane et Gwénaëlle, vous vous mariez non pas parce que vous vous aimez (un peu quand même), mais vous vous mariez parce que vous voulez vous aimez. Vous ne fondez pas votre relation sur les sentiments amoureux (les sentiments passent), mais sur une volonté commune de vous aimer l’un l’autre. Vous passez du statut d’amoureux à celui d’aimants. Vous entrez dans une dynamique d’amour. Mais de quelle volonté s’agit-il ? En fait, quand on aime, qu’est-ce qu’on veut ? Saint Paul répond à cette question : « souhaitez –leur du bien ». Aimer, c’est donc vouloir le bien de l’autre, même quand les sentiments ne sont pas les meilleurs, c’est vouloir toujours le meilleur pour l’autre. Qu’est-ce qui est bien pour l’autre ? Eh bien, c’est ce que chacun au fond de soi-même cherche : être heureux !

    En vous engageant dans le mariage, vous souhaitez l’un pour l’autre d’être heureux. C’est ce que vous allez vous dire tout à l’heure.

    « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis ; je vous ai mis à cette place afin que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. » dit Jésus à ses disciples. Il s’agit d’ouvrir son cœur à celui qui nous a aimé le premier, à celui de qui vient l’amour : Dieu. « Ouvrez toutes grandes vos portes au Christ ! » c’est par ces paroles que Jean-Paul II a ouvert son pontificat. Comme le dit saint Paul : « laissez jaillir l’Esprit ». Aussi, « priez avec persévérance ». C’est en vous ouvrant davantage à Dieu (c’est ce que nous allons vivre dans l’Eucharistie) que vous pourrez davantage ouvrir votre cœur l’un l’autre et aux autres. « Que votre maison soit toujours accueillante », accueillante à d’autres enfants dans votre famille, accueillante à tous dans votre travail et dans toutes les relations.

    Tout à l’heure, vous allez échanger vos consentements par un dialogue. N’oubliez pas qu’il n’y a pas de relation d’amour sans dialogue, sans communication, sans communion. Vous êtes appelés, toute votre vie commune, à entrer jour après jour dans un dialogué fécond. Que ce oui échangé ne soit pas celui d’un jour, mais qu’il soit celui d’un oui renouvelé tous les jours. C’est dans le dialogue que vous apprendrez à vous aimez, à vivre en paix, en accord, à pardonner.

    Pour finir, n’oubliez pas les paroles du psalmiste : « Le Seigneur est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité. »

Publié dans Mariage

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