"Le semeur est sorti pour semer"

Publié le par Père Louis

15ème dimanche du Temps ordinaire - Année A (Mt)

Dimanche 13 juillet 2008

 

    Jésus s’adresse à ses disciples en parabole, un genre littéraire très présent dans la littérature juive.

    Qu’est-ce qu’une parabole ? En hébreu «mâchâl», elle signifie « récit symbolique destiné à faire découvrir un sens caché ». La parabole ne s’impose pas, elle propose, elle éveille notre intelligence en faisant travailler notre imagination.

    Pendant trois dimanches consécutifs, la liturgie nous fait entendre sept paraboles de Jésus dans l’évangile selon saint Matthieu. C’est un moment difficile dans la vie de Jésus : les chefs religieux lui sont hostiles, ils veulent le supprimer car il dérange. Quant aux foules, elles sont déçues après l’enthousiasme des débuts : Jésus n’est pas un messie politique.  

Dans la parabole du semeur, l’intérêt de Jésus est dirigé vers la semence du Règne de Dieu. Pour les premiers chrétiens, la préoccupation devient le désir d’être une bonne terre pour recevoir cette semence. Cette préoccupation a donné naissance à la deuxième partie de la parabole. 

    Nous avons donc aujourd’hui la parabole du semeur. « Voici que le semeur est sorti pour semer » dit Jésus. Or l’évangéliste écrit avant que « Jésus était sorti de la maison » pour dire « beaucoup de choses en paraboles » aux disciples. Jésus n’est-il donc pas lui-même le semeur qui sort pour semer ? Nous entrons là dans le mystère de Dieu, le mystère de l’Incarnation : Jésus est le Fils de Dieu qui est sorti de la maison du Père pour annoncer, pour semer sa Parole, la Bonne Nouvelle : Dieu veut nous sauver, il veut nous sortir de l’esclavage du péché et nous ouvrir les portes du Royaume des cieux.

    La parabole du semeur est d’abord et avant tout une invitation à l’espérance : malgré tous les obstacles, nous dit le Seigneur, la récolte sera bonne. Dieu ne cesse de semer et ne désespère de l’homme dans sa capacité à accueillir sa semence.

    Durant l’été, nous pouvons contempler ce que produit la semence dans nos jardins et dans les champs : abondance de légumes, de fleurs, de blé… Mais tout n’est pas si facile. Les agriculteurs le savent bien, il y a les caprices du temps et de l’environnement.

    Si l’évangélisation n’est pas sans obstacles, elle est plus forte que ces obstacles. La Parole de Dieu a le pouvoir de transformer un terrain rocailleux en terre d’abondance. Elle peut transformer « nos coeurs de pierre en coeur de chair »

    Il y a cette parole qui est semée, il y a aussi la terre qui accueille cette parole, c’est nous-même, notre propre cœur. Mais attention à ne pas séparer les hommes en deux catégories: ceux de la bonne terre et ceux de la mauvaise terre. Chacun d’entre nous est à certains moments de sa vie, l’un ou l’autre des terrains mentionnés dans la parabole.

  - Il y a d’abord la semence qui tombe sur le bord du chemin. Ceci représente les occasions où trop de choses prennent toute la place dans notre vie et risquent d’étouffer notre foi. « Vous comprenez, j’aimerais bien être à l’écoute de la Parole de Dieu le dimanche ! Mais, j’ai mes fêtes de famille, les sports à la télé,... et puis, il y a la fatigue de la semaine, alors je profite du week-end pour me reposer... ». Et la rencontre avec Dieu passe après tout le reste. 

   - Il y a les terrains rocailleux qui rendent notre foi superficielle et éphémère. Ainsi, la jeune pousse fait des racines mais elle n’a pas de profondeur et est vite brûlée par le soleil, avant d’avoir pu grandir. La superficialité est un obstacle à la croissance de notre vie chrétienne, même après l’enthousiasme des débuts. 

   - Il y a aussi les terrains avec des épines. La foi est alors étouffée par « les soucis du monde et la tromperie de la richesse ». Quand on s’attache trop aux choses matérielles, la foi risque de disparaître : « L’homme ne vit pas seulement de pain ».

Ainsi Dieu est généreux, à nous d’accueillir librement sa Parole en devenant de la bonne terre.

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