Appelés à être élevés avec Marie dans la gloire du Père

Publié le par Père Louis

Assomption de la Vierge Marie - Année A

Vendredi 15 août 2008 (Messe de la veille au soir)

 

    Presque un siècle après la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception (1854), le pape Pie XI définit l’Assomption de Marie, en corps et en âme, dans la gloire céleste. La constitution apostolique « Munificentimus Deus » (1950) n’est pas sorti par hasard. Ce document de promulgation est le fruit d’une longue tradition d’Église qui remonte depuis les premiers siècles.

    En voici un extrait : « L’auguste mère de Dieu, unie d’une manière mystérieuse à Jésus-Christ « dans un seul et même décret » de prédestination, immaculée dans sa conception, vierge très pure dans sa divine maternité, compagne généreuse du divin Rédempteur qui a remporté un triomphe total sur le péché et ses suites, a enfin obtenu, comme le couronnement suprême de ses privilèges, d’avoir été préservé de la corruption du tombeau et, comme son Fils, après avoir vaincu la mort, d’être élevée en corps et en âme à la gloire au plus haut des cieux, pour y resplendir comme une reine à la droite de son Fils, le roi immortel des siècles ».

    On y retrouve ici quatre dogmes sur Marie : la maternité divine de Marie, l’Immaculée Conception de Marie, la Virginité de Marie, et l’Assomption de Marie. Ces quatre dogmes font partie intégrante de la foi catholique. Nous ne pouvons pas nous déclarer catholique et rejeter un seul de ces dogmes. Soulignons que les dogmes sur Marie sont toujours relatifs à Dieu : servante du Seigneur, Mère du Sauveur, épouse de l’Esprit Saint, Marie, bienheureuse et pleine de grâce, est sainte, elle vie de la sainteté même de Dieu. Marie tournée vers Dieu, et aussi tournée vers nous : Mère du Christ, elle devient Mère de l’Église ; servante du Seigneur, nous l’appelons Notre Dame.

    Oui, Notre Dame, celle que des milliers de pèlerins, à pied, à la maison ou dans les lits d’hôpitaux ne cessent de prier chaque jour à l’aide de leur chapelet : « priez pour nous pauvres pécheurs ». Marie, « l’humble servante du Seigneur » est du coté des petits, des humbles, telle Bernadette à Lourdes. Marie n’est pas réservée pour les papes et les théologiens, elle intéresse les gens simples, anonymes, telle cette femme qui, interrompant Jésus qui parle, « éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourrit de son lait ». Qui peut comprendre le bonheur de porter en son sein un enfant, sinon une femme ? Cette femme a saisi la joie de Marie d’être mère. Élisabeth, qui portait en elle Jean-Baptiste, le précurseur, a elle-même déclaré à Marie : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni ». La vocation de Marie, c’est bien d’être mère, mère du Sauveur depuis l’Annonciation, mère de l’Église depuis la Croix (« Voici ta mère »).

    A cette femme qui l’interpelle, Jésus va plus loin, il dit : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! ». Il ne s’agit donc pas seulement de se focaliser sur Marie, sa Mère, il faut voir en elle la première en chemin d’un peuple de croyants. Heureux ceux qui osent croire, qui mettent leur confiance dans le Seigneur. Et comment croire ? Eh bien, en écoutant la parole de Dieu et en la gardant, en la suivant.  Heureuse donc, Marie, celle qui a su être servante avant d’être mère. « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38) dit Marie à l’Ange Gabriel. Élisabeth, dans sa visitation à Marie, dit : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Heureux sommes-nous d’être disciple du Christ. «  Je suis chrétien, voilà ma gloire, mon espérance et mon soutien, je suis chrétien, je suis chrétien ».  Il ne s’agit pas seulement de l’affirmer bien fort, il nous faut le vivre, et le vivre à l’école de Marie, elle qui a suivit son Fils jusqu’à la Croix et la Pentecôte.

    Réécoutons la prière d’ouverture : « Seigneur, tu t’es penché sur ton humble servante : tu lui as donné la grâce et l’honneur de devenir la mère de ton Fils unique et tu l’as couronnée, en ce jour, d’une gloire sans pareil ; à sa prière, accorde de nous, puisque nous sommes rachetés et sauvés, d’être élevés avec elle dans ta gloire ».


    Servante et mère, Marie entre, corps et âme, dans la gloire de Dieu. Cette Assomption de Marie préfigure notre élévation dans la gloire avec notre corps ressuscité. « Frère, au dernier jour, ce qui est périssable en nous deviendra impérissable ; ce qui est mortel revêtira l’immortalité. […] Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par Jésus-Christ, notre Seigneur » déclare l’Apôtre Paul. Dans le Credo, nous disons : « Je crois en la résurrection de la chair ». Le croyons-nous vraiment ? La solennité de l’Assomption de Marie, que nous célébrons aujourd'hui, éclaire notre foi et soutient notre espérance devant la mort. Une femme de notre espèce, Marie, vit déjà pleinement en Dieu. Cette glorification de la Mère de Jésus annonce notre propre résurrection. Marie n’est pas entré dans la vie éternelle seulement avec son âme, qui, comme la nôtre est immortelle, c’est aussi avec son corps, ce corps qui a marché en Palestine, qui a porté et mis au monde le Fils de Dieu, corps  « préservé de la dégradation du tombeau » et glorifié dans le ciel.

    Ne réduisons pas notre corps à une simple enveloppe, prison de l’âme. Notre corps est bien plus grand. C’est ce qui nous permet la rencontre de l’autre, ce corps avec lequel nous pouvons donner la vie, ce corps qui se donne au service des autres, ce corps avec lequel nous prions, et plus encore avec lequel nous communion au Corps du Christ dans son Eucharistie. Ce corps est appelé à être transfiguré et glorifié au jour de la résurrection.

    Sainte Marie, Servante du Seigneur, Mère de Dieu, toi Notre Dame, prie pour nous, pauvres pécheurs maintenant et l’heure de notre mort, de la rencontre ultime dans la gloire de Dieu, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Amen.

Publié dans Vierge Marie

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