"La bonté du Seigneur est pour tous"

Publié le par Père Louis

25ème dimanche du Temps ordinaire - Année A

Dimanche 21 septembre 2008 (Notre-Dame de Breuil-Chaussée)

 

    « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins » déclare le Seigneur par la bouche du prophète Isaïe. Oui, le Royaume annoncé par le Christ dans son évangile n’est pas comme les royaumes de ce monde. Dans sa parabole, Jésus nous décrit un royaume dont la justice n’est pas distributive. Dieu, le maître du domaine, ne donne pas à ses ouvriers selon la quantité de travail fournie mais selon leurs besoins pour vivre. Dans le Royaume de Dieu, il ne s’agit pas de travailler plus pour gagner plus mais d’accueillir le don de Dieu, d’être l’objet de sa bonté. C’est le salaire de l’amour ! Et accueillir le don de Dieu, c’est participer à la vie même de Dieu : « je suis venu pour qu’on ait la vie  et qu’on l’ait en abondance » (Jn 10, 10) dit le Christ. Et cette vie donnée passe par le Croix, c’est ce que, pour la troisième fois, Jésus annonce à ses disciples juste après le récit de cette parabole.

    Saint Paul, dans sa lettre aux chrétiens de Philippe, déclare : « pour moi, vivre, c’est le Christ ». Ailleurs, il écrit : « Avec le Christ, je suis fixé sur la croix : je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). C’est ainsi que Paul fait l’expérience du Royaume : la venue du Christ en lui.

    « Le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine ». Oui, ce qui est premier dans le Royaume, c’est le maître, le roi, le Christ-Roi. Ce Royaume, nous l’annonçons à chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie. « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».

    Cette venue du Christ-Roi n’est donc pas réservée à un groupe particulier, elle est pour tous. « La bonté du Seigneur est pour tous » chante le psalmiste. Le message de l’évangile, le voici : tous, quelque soit la situation de chacun dans l’Eglise et dans le monde, quelque soit l’heure de l’embauche,  reçoivent la même chose de Dieu. Le Royaume de Dieu est pour tous : de Marie, ouvrière de la toute première heure au bon larron, ouvrier de la toute dernière heure (« aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis »). « Nul n’est de trop dans l’Église » a dit le pape en France. Oui, plus encore, nul n’est de trop dans le Royaume de Dieu !

Tous reçoivent la même chose de Dieu, et cette chose c’est la vie même de Dieu.  « N’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien, il donne tout » affirme le pape à la fin de l'homélie de la messe d'inauguration de son pontificat. Il donne tout ! Le Royaume est d’abord don de Dieu : « que ton règne vienne sur la terre comme au ciel ».

    « Je suis un humble serviteur dans la vigne du Seigneur ». Tels sont les tous premiers mots du pape Benoît XVI. Le Royaume est un don à cultiver. Il n’y a pas de bonne vigne sans ouvrier, il n’y a pas de royaume sans serviteur. Non des serviteurs jaloux, comme ces ouvriers de la première heure, mais des humbles serviteurs pour qui le Royaume n’est pas un dû mais un don à cultiver. Serviteur, comme Marie, humble servante, qui accueille le Christ en son sein pour le porter au monde. Nous avons là deux figures : le pape, successeur de Pierre, le premier des évêques de l’Église, serviteur des serviteurs ; la Vierge Marie, Mère de Dieu, Mère de l’Église. Ces deux figures nous donne à voir l’Eglise comme servante. Nous sommes tous, baptisés et confirmés, les ouvriers de la vigne, les serviteurs du Royaume. Saint Paul, lui, nous donne à voir l’Eglise comme une nécessité pour le monde : « à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire ».  Et en quoi consiste l’action de l’Église dans le monde ? Il s’agit de l’évangéliser (« malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile » 1Co 9, 16). L’Église reçoit donc la mission d’annoncer le règne du Christ et de l’instaurer dans le monde. Le concile Vatican II affirme que l’Église constitue le germe et le commencement du royaume sur la terre. L’Eglise est à la fois signe du Royaume et elle travaille à l’établir. Comment l’Eglise est-elle signe et instrument du Royaume ? Lorsqu’elle « mène une vie digne de l’Évangile du Christ ». Oui, nous sommes invités à être les témoins et les ouvriers du Royaume par notre manière d’être, par nos agissements, en particulier envers les plus petits et les personnes les plus fragiles de notre société.

    Seigneur, envoie ton Esprit-Saint, afin que nous travaillions à établir le Règne de ton Fils dans ce monde que tu aimes. « Que ton règne vienne ». Amen !

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