Croyants pratiquants

Publié le par Père Louis

27ème dimanche du Temps ordinaire - Année A

Dimanche 5 octobre 2008 (Notre-Dame de Terves)

 

    En cette année consacrée à Saint Paul, je vous propose de nous intéresser aujourd’hui à la 2ème lecture extraite de la lettre qu’il adresse aux chrétiens de Philippe, ville située au Nord-est de la Grèce actuelle.

    Paul écrit donc à une communauté chrétienne qu’il connaît bien : c’est la première de celles qu’il a fondées en Europe. Il leur dit : « Ne soyez inquiets de rien ». Pourtant la situation n’est pas facile : d’une part, Paul est en prison (on ne sait pas où exactement), d’autre part cette communauté connait des persécutions en raison de leur foi et même des conflits internes. Malgré cela, dans sa lettre, l’Apôtre encourage les chrétiens à être unis au Christ et à annoncer son Evangile. Et, voilà qu’il leur donne ses derniers conseils.

    En quatre versets, Paul les invite – nous invite – à être des vrais croyants, des croyants pratiquants, c’est-à-dire à « prier sans cesse » et à pratiquer les vertus.

    Premier verset : « ne soyez inquiets de rien ! ». Oui, chassons nos inquiétudes, celles qui nous fait regarder notre nombril, qui nous replient sur nous-mêmes, qui nous paralysent et nous empêchent d’avancer. Nous sommes inquiets parce que nous comptons trop sur nos propres forces, très limitées, face à la mission qui nous est donnée. Nous disons : « Je crois en l’Esprit Saint » ! Mais le croyons-nous vraiment ? Sommes-nous disponibles à accueillir l’Esprit de Dieu en nous ? Paul nous dit : « En toutes circonstance, priez ! ». La prière est l’expression de notre foi, de notre confiance en Dieu. « Père je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira » (Charles de Foucault). La prière nous décentre de nous-mêmes et nous tourne vers Dieu. Une communauté chrétienne qui ne cesse de célébrer ne peut pas s’enfermer dans ses inquiétudes, au contraire, elle se décentre, elle s’ouvre à Dieu.

   Deuxième verset : « Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus ».

    La prière nous donne la paix. Cette paix n’est pas simplement une absence d’inquiétude, ce n’est pas la paix qui vient du monde, non, c’est la paix de Dieu, cette paix qui nous unit au Christ. Au moment de la communion, le prêtre s’adresse au Père : « délivre-nous du mal, Seigneur, et donne la paix à  notre temps ; par ta miséricorde, rassure-nous devant les épreuves ». Ensuite, il s’adresse au Christ, présent sur l’autel : A ton Église « Donne-lui toujours cette paix et conduis-la vers l’unité parfaite ». Enfin, le prêtre envoie l’assemblée par cette parole : « Allez dans la paix du Christ ! » Ainsi, la célébration eucharistique est la grande prière qui nous donne vraiment la paix, puisqu’elle nous donne de communier au Christ, prince de la paix. Les croyants sont donc ceux qui prient, personnellement oui, mais aussi et surtout en Église.

    Troisième verset : « Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte. »

    Si la prière nous tourne vers le Dieu de la paix, elle oriente aussi notre regard vers ce monde que Dieu aime, un monde inquiet, certes, mais un monde en attente de paix. Pour annoncer authentiquement au monde la Bonne Nouvelle de la paix, Paul nous invite à « mener une vie digne de l’Evangile » (Ph 1, 27). Ainsi donc il nous parle de vertus. La vertu étant cette bonne habitude à faire le bien. Vérité et noblesse, Justice et pureté de cœur.

    Quatrième verset : « Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. »

    Paul nous invite à pratiquer ce que nous croyons, cette foi que nous avons reçue et à laquelle nous adhérons. Un croyant, pour saint Paul, est nécessairement pratiquant ! Que signifie croire au Dieu d’amour si nous ne le célébrons pas dans le sacrement de l’amour qu’est l’Eucharistie ? Que signifie croire au Dieu d’amour si nous ne pratiquons pas la charité, si nous ne vivons pas l’amour de Dieu que nous célébrons ?

    En ces jours où s’ouvre à Rome le Synode des évêques consacré à la « Parole de Dieu », laissons cette parole de vie imprégner nos cœurs pour être toujours plus unis au Christ dans la foi, l’espérance et surtout la charité. Amen !

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